Décide toi à mourir, de toute façon, c'est pour ce soir ou pour plus tard. C'est reculer pour mieux sauter, sauter dans ce vide immense. Oui, la mort est intense, mais finalement pas tant que ça... Ton corps ne pourra que demeurer froid à tout jamais, ne jamais plus avoir de souffrances qui elles, étaient immensément intenses. Regarder de plus prêt, s'en approcher un peu plus chaque jours, car chaque jours est un détour, mais le retour dur toujours. Définitif, mais pas fictif. On se noie bien vite dans celle-ci pour ne jamais retourner dans celle-là. Après tout, on rêve tous de ça. Putain, je t'ai dis de sauter ! Tu sens pas cette pression, cette attirance qui te fout limite en transe. Demeurer à jamais dans la transparence, ajourner cette journée pour en débuter une de l'autre côté... S'en approcher un peu plus à chaque fois, il ne suffit que d'une fois. Reculer pour mieux sauter, je n'ai pas eu le courage de sauter et j'ai reculé. Mais le vide se trouvait de l'autre côté, juste à mes pieds. Pire qu'une souffrance même des plus intense, je ne pense plus qu'à mon âme qui va se ôter quand mon corps soudain immaculé va heurter. Cette descente est plus terrible que les enfers, un enfer de vie. Je me souviens juste avant avoir dévisagé mon passé, mon passé des moins immaculés, oui, avant de passer à l'acte. Cet acte fut sans doute le coup de théâtre de cette histoire, de mon histoire. Car les scènes étaient plus dramatiques que le final. Il n'y a pas besoin de morale, le rideau est tombé, ce qui était devenu trop banal .